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     DE  LA  TERRE .....

             Prova qu’èram, prova que seram. (poussière on était, poussière nous redeviendrons)                   
                      ans son immense suffisance, l’homme a oublié qu’il appartenait à la terre, qu’il en était issu, qu’il en vivait,  et qu’il y retournerait après sa mort. Jailli dans une expiration, il y retourne lors de l’inspiration qui suit.
                        Notre vieille terre de Béarn est belle de toute l’étendue de sa générosité : elle invite l’esprit à la rêverie contemplative et par là, à une dimension spirituelle. Une "spiritualité" qui renvoie à l’universalité, nous incitant  à dépasser notre égo et les limites béarnaises, pour appréhender globalement notre planète. Cet état d’esprit nous  invite à éprouver des sentiments de compassion envers nos frères éparpillés à travers le monde, établis sur la même terre, et bien souvent hélas, en proie aux malheurs.
                          La variété des paysages offerts par la terre, est le fruit du dur labeur de générations s’étendant sur des millénaires. Nos ancêtres l’ont façonnée en fonction de son relief et de leurs besoins, dans une dialectique à deux, cohérente et équilibrée qui permettait à la terre de se reposer.
. A travers les différents visages que nous offre la terre, à travers la nature dont elle est porteuse, nos ancêtres nous parlent, comme ils nous parlent à travers notre langue. Cette terre vénérée, nos ancêtres l’ont alimentée de leur sueur, de leurs larmes et de leur sang, pour qu’elle se montre toujours plus généreuse…
                          Notre terre béarnaise a été épargnée par les grands bouleversements contemporains…et la satisfaction qu’elle nous donne, le bien-être qu’elle nous procure aujourd’hui, nous incline à étendre notre regard au-delà de ses confins. Elle se s’arrête pas aux Landes, mais continue sa course vers le nord, remonte l’Allemagne, la Russie,  pour se figer, docile, dans les glaces de l’Arctique. Elle ne s’arrête pas à la Bigorre, mais escalade les Alpes, traverse les Balkans, longe l’Himalaya, se retrouve en Chine et s’étale dans toute l’Asie . C’est la même partout…elle ne s’arrête pas aux limites administratives. Décidément, il n'y a plus de Pyrénées !
                         Et on voit qu’elle en subit des maltraitements loin de chez nous, notre terre. Dépassé par le progrès technologique, l’homme n’a pas pris la mesure de son environnement, il n’a pas pris le temps de penser aux conséquences de ses actes, non seulement à long terme, mais aussi à très court terme. Cette terre-mère universelle, dont il foulait jadis le sol avec précaution, il l’a éventrée, souillée, brûlée, stérilisée et maintenant asphyxiée. Dans sa recherche vénale du profit maximum et immédiat, dans une amoralité effrayante, l’homme a oublié que la terre était vivante, donc mortelle et non éternelle. Elle est fragile comme nous : elle vit, elle respire, elle souffre. En oubliant sa fragilité, l’homme en oublie la sienne. Il a oublié de la traiter avec respect et ce faisant, il ne se respecte plus lui-même, et ne sent plus sa place dans le grand agencement cosmique. En oubliant la nature, il nie la nature qui est en lui ; il se nie et il nie son prochain.  Il ne s’inscrit plus dans la longue chaîne humaine qui avait pactisé avec la terre, oubliant de ce fait et ancêtres, et descendants. Dorénavant, il apparaît toujours plus clair de jour en jour que nos destins sont étroitement liés, et que notre survie dépend de la sienne. 

A.Terré

                   

 

 

     DE  LA  TIERRA .....

             Prova qu’èram, prova que seram. (tierra éramos, en tierra nos transformaremos)                   
                      En su inmensa suficiencia, el hombre ha olvidado que pertenece a la tierra, que de ella ha salido, que vive en ella y que volverá  a ella después de su muerte. Brotado en una expiración vuelve allí en el momento de la inspiración que sigue.
                        Nuestra vieja tierra del Bearn es bella en toda la extensión de su generosidad : ella invita al espíritu al ensueño contemplativo y por allí a una dimensión espiritual. Una “espiritualidad” que remite a la universalidad, incitándonos a dejar atrás nuestro ego y lo límites bearneses, para aprehender globalmente nuestro planeta. Este estado de espíritu nos invita a experimentar sentimientos de compasión   hacia nuestros hermanos desparramados por el mundo, establecidos sobre la misma tierra, y muy a  menudo, ¡ay!, víctimas de las desgracias.
                          La variedad de los paisajes ofrecidos por la tierra,  es el fruto del duro trabajo de generaciones que se extendió durante milenios. Nuestros ancestros le dieron forma en función de su relieve y de sus necesidades, en un dialecto entre dos, coherente y equilibrado que permitía a la tierra descansar.
    A través de los diferentes rostros que nos ofrece la tierra, a través de la naturaleza de la que es portadora, nuestros ancestros nos hablan, como nos hablan a través de nuestra lengua. Esta tierra venerada, nuestros ancestros la han alimentado con su sudor, con sus lágrimas y con su sangre, para que se muestre cada vez más generosa …
                          Nuestra tierra bearnesa se ha salvado de las grandes conmociones contemporáneas…y la satisfacción que nos da, el bienestar que nos procura hoy, nos lleva a extender nuestra mirada más allá de sus confines. Ella no se detiene en Landes, sino que continúa su curso hacia el norte, remonta a Alemania, Rusia, para fijarse, dócil, en los hielos del Ártico. Ella no se detiene en la Bigorre, sino que escala los Alpes, atraviesa los Balcanes, se extiende a lo largo del Himalaya, se encuentra en China y se despliega en toda Asia. Es la misma en todas partes…ella no se detiene en los límites administrativos. Decididamente, ¡no hay más Pirineos!
                         Y vemos que ha soportado maltratos lejos de nosotros, nuestra tierra. Sobrepasado por el progreso tecnológico, el « hombre » no ha tomado la medida de su entorno, no se tomó el  tiempo de pensar en las consecuencias de sus actos, no solamente a largo plazo sino también a corto plazo. Esta tierra-madre universal, cuyo suelo antaño el hombre hollaba con precaución, él la abrió, la manchó, la quemó, la esterilizó y ahora la asfixió. En su búsqueda interesada del provecho máximo e inmediato, en una amoralidad horrorosa, el hombre ha olvidado que la tierra  tenía vida, por lo tanto es mortal y no eterna. Ella  es frágil como nosotros: ella vive, respira, sufre. Olvidando su fragilidad, el hombre olvida la suya. Olvidó de tratarla con respeto y haciendo esto, no se respeta más a sí mismo y no siente más su lugar en la gran disposición cósmica. Olvidando la naturaleza, él niega la naturaleza que está en él; él se niega y niega a su prójimo. No se sitúa más en la larga cadena humana que había pactado con la tierra, olvidando por esto ancestros y descendientes. De ahora en más resulta cada vez más claro que nuestros destinos están estrechamente  ligados, y que nuestra supervivencia depende de la de ella.

A.Terré


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