Présentation générale du Béarn

  Réflexions personnelles consécutives au travail effectué sur ce site 

...... et sur mon livre .....    LO NOSTE BÉARN    ( Voir la couverture:

*En vente dans les BONNES librairies Un livre regroupant les 387 communes béarnaises, 
avec pour chacune
d'elles un descriptif très détaillé:
   
Caractéristiques principales, historique, personnalités, anecdotes, légendes, choses à voir et à faire, les projets......

R é f l e x i o n s   

      
                        

                                    Ce que j'appelle travail n'en a pas en fait été un, étant donné le réel plaisir que j'ai pris à l'effectuer, autant pour Lo Noste Béarn, que pour lebearn.net. Malgré le fait d'avoir pratiquement toujours vécu au país, j'ai fait énormément de découvertes, qui ont été autant d'incitations à poursuivre mes investigations. En premier lieu, j'ai été étonné d'apprendre  que ce pays de Béarn avait une aussi longue histoire;  surpris qu'il ait été occupé par l'homme depuis si longtemps et sur une aussi grande partie de son territoire, comme le prouvent un nombre impressionnant de vestiges préhistoriques, auxquels ont succédé à l'époque protohistorique, quantité de tumuli , dolmens, cromlechs, grottes sépulcrales, oppidums... mis à jour un peu partout dans le Béarn. 
              J'ai eu un choc en apprenant que nos montagnes même, avaient été fréquentées depuis des temps immémoriaux. En font foi, un nombre très important de tumuli et cromlechs  mis à jour en haute montagne béarnaise: par exemple, dans la seule commune de Borce, on a compté 11 cromlechs et 19 tumuli
, plus ou moins évidents, dans un état plus ou moins bien conservé.
 Il en va peu ou prou de même pour chaque commune des vallées (Aspe, Barétous, Ossau). En dehors de la zone montagneuse, et des passages transfrontaliers, les découvertes ont souvent été faites en grande partie sur d'anciennes voies antiques servant à la transhumance et aux échanges commerciaux  [ cami salié (voie du sel) , cami aussalès (chemin de transhumance des bergers ossalois) , chemin Henri IV(joignant le Béarn à la Bigorre) , chemin des Poudges..(épousant les arêtes des crêtes) .et autres...] ; Les vestiges parsemant ces voies, ont  permis aux archéologues et aux historiens de mieux en déterminer le tracé.  Des voies romaines, puis vicomtales ont épousé  les  parcours protohistoriques primordiaux.
              Au vu du nombre impressionnant d'oppidums, mottes, turons et tous les témoignages d'aménagements de type défensifs sur les dômes des collines, on ressent le sentiment (peut-être un peu subjectif) d'une vie très dure, dans laquelle chacun devait penser avant tout à sa survie. On imagine des sortes de glacis; "no-man's-lands" dans les bas-fonds, occupés souvent certainement par des marais, (vu le nombre impressionnant de noms de lieux qui font référence à un terrain boueux , marécageux....) , des landes maigres ou des bois touffus... et à contrario, des oasis de paix relative au sommet et/ou  sur les flancs des collines. Le nombre considérable de mottes, castéras,  turons, "camps de César" (les mal-nommés) est  -je le répète- révélateur à ce sujet, si bien qu'on a l'impression que dans certains secteurs, chaque colline s'est trouvée fortifiée à un moment ou à un autre de l'histoire de lo noste Païs. Nombre de ces camps retranchés laissent encore des empreintes nettement visibles sur le sol et indirectes dans la toponymie. C'est ainsi qu'on trouve des "quartiers du Turon", des "rue Mouta" etc... Ces élévations sont à l'origine de l'histoire de leur village car elles ont servi à l'édification d'abord de camps protégés par des enceintes en bois, puis de châteaux féodaux et/ou d'églises, souvent fortifiées. A noter que plusieurs églises ont été édifiées sur l'emplacement d'anciens châteaux forts. Il y a eu souvent un  "mélange des genres", pourrait-on dire !

 

                    
                               Le constat ci-dessus concerne les 2/3 supérieurs du Béarn, car il en allait  différemment en ce qui concerne les vallées , au sud. Elles jouissaient d'un régime de semi-indépendance procuré notamment par les privilèges relevant des  "FORS" promulgués dès le début du XI° siècle (an mille) , lesquels ne faisaient qu'entériner la réalité des faits. Dans ces vallées, les relations entre individus n'avaient pas un caractère féodal, mais nettement communautaire, avec l'application de certaines valeurs comme la solidarité, l'entraide, l'égalité sexuelle, la justice réelle...mais oui! 
                    Revenons à nos moutons; c'est à dire au Béarn Piémontais : N'oublions pas que certains châteaux et églises ont également été édifiés sur des vestiges de villas gallo-romaines qui n'étaient pas rares en Béarn, loin de là . Certaines étaient très étendues (Lalonquette, Garlède, Lescar...). Les noms des lieux qui y font référence sont souvent nommés glisias, ce qui peut entraîner une certaine confusion toponymique.
Ces villas gallo-romaines dont certaines étaient très développées, ont d'ailleurs été souvent à l'origine de noms de villages (noms se terminant par le suffixe ...acq qui veut dire ..qui appartient à ). Les noms se terminant par le suffixe ..os indiquent une origine beaucoup plus ancienne... pré-indo-européenne, pour le moins; c'est-à-dire avant toute incursion étrangère notamment des celtes  (- 400 av JC). Ces terminaisons pourraient se traduire par ... lieu où il y a , lieu où l'on trouve, lieu caractérisé par ?!?! (sans que j'y mette ma main au feu).
                    Une autre de mes multiples surprises  a été de découvrir  le nombre pléthorique  de -castets-   "châteaux" parsemant lo noste Béarn.  . Ceci s'explique surtout par le genre d'attribution particulier des titres nobiliaires en Béarn 
En Béarn, la noblesse n'était pas héréditaire,
mais réelle, c'est-à-dire attachée à la possession d'une terre déclarée noble. Pour appartenir à la  noblesse,  il suffisait donc d'être possesseur d'un quelconque petit morceau de terre dite noble -dotée d'un statut particulier-. De ce fait,  paysans  enrichis, marchands aisés, magistrats, grands fonctionnaires, écuyers émérites  etc... trouvaient par ce biais, le moyen d'entrer dans le corps de la noblesse. En outre, le vicomte avait le droit d'anoblir quelque maison , quelque terre qu'il souhaitât, en tant que récompense pour un service rendu...ou par anticipation. Tout ceci explique la multiplication de maisons dites nobles. 
Mais en général et par voie de conséquence, chaque fief était peu étendu et les droits féodaux perçus étaient vraisemblablement peu rémunérateurs,
d'où la modestie de la plupart de nos "châteaux".  Château a été mis entre guillemets car en fait, il s'agit en général , plus de manoirs, gentilhommières , ou maisons fortes. A noter que quantité de châteaux cités dans des écrits anciens, n'existent plus : détruits le plus souvent, laissés à l'abandon parfois, victimes de règlements de comptes la plupart du temps. Certains ont été reconstruits plus tard sur les anciennes fondations et remodifiés , ou érigés plus loin; d'autres ont servi de base à la construction d'églises (transformées en forteresses) et l'on trouve ainsi en Béarn, plusieurs  tours<-->clochers.
                                     

               Le nombre de "nobles" était élevé en Béarn, mais leur domaine et leur train de vie restreint (de ce fait) , explique la modestie de leur demeure. Beaucoup de ces "constructions" ont pour origine des abbayes laïques, que ce soit des châteaux, des églises ou bien souvent les deux ensemble, accolés;  ainsi qu'était leur vocation première. Ces fameuses abbayes laïques (bel oxymoron)  représentaient un mode d'accession possible (et quelque peu détourné faut-il le dire) dans le grand corps de la noblesse. La fonction et le cadre dans lesquels elle s'exerçait étaient confondus, contribuant à complexifier les choses et les rendre ambiguës. Le cumul n'étant pas interdit, elles recouvrirent parfois des seigneuries également.  Abbés? grands bourgeois? seigneurs???? .. un peu les trois, mais surtout grand décimateur (récolteur des revenus de la dîme)-- le caperan se contentant d'être un petit décimateur.
             Une autre découverte a été de constater à quel point les combats avaient été rudes au moment des guerres de religion,  (en l'an 1569 notamment). Catholiques et protestants se sont affrontés sans pitié, par peuple interposé le plus souvent.  Après lecture de ces évènements, on a l'impression d'un peuple ballotté (n'ayant pas son mot à dire) , subissant les obligations et ordres imposés tour à tour par chacun des camps: la religion servant en l'occurrence à différents desseins personnels et politiques. Sur le plan matériel la quantité de constructions détruites , incendiées paraît phénoménale (églises romanes, temples, châteaux, bastides, tombes profanées...) . 
Cette année 1569 ; vrai "annus horribilis" a été l'année (essentiellement l'été 1.569) la plus noire de son histoire pour le Béarn. Notre païs y perdit là,  la moitié au moins de son patrimoine architectural. .... finalement pour des histoires d'œufs, à couper par le petit bout ou le grand bout.
                 Il ressort de tout ceci que beaucoup de châteaux et d'églises ressemblent  à du "patchwork", car ils ont été raccommodés, agrandis (ou réduits), largement modifiés au fil des siècles, et le bâtiment d'origine est difficile à appréhender, parfois même à concevoir. C'est ainsi que châteaux comme églises conservent seulement certaines parties ou objets, classés, dans l'inventaire général du ministère de la culture, et non la totalité..

                 

                   Le pèlerinage de Compostelle , encouragé, voire initié par le vicomte Gaston IV le Croisé , a eu un fort impact sur l'histoire du Béarn. Il y a eu comme corollaire à cette volonté de faciliter le passage des Pyrénées aux pèlerins,  la construction de beaucoup de bâtiments religieux. On trouve ainsi quantité d ' hospices-espitaüs , abbayes, monastères et autres Commanderies, érigés tout au long de nouvelles  voies tracées pour la circonstance . La plupart de ces constructions n'apparaissent plus que sous la forme d'un nom de lieu. (exemple le quartier Lespiau à Bougarber..)
                 Ces voies étaient  -et sont toujours- plus nombreuses que je ne l'aurais cru, avec beaucoup de voies secondaires, des variantes, des "traverses", qui complètent les voies principales pour en faire un véritable réseau.. Beaucoup de villages ont été créés à cette occasion comme Lacommande,  Mifaget, Gabas...  Un hospice aussi important que celui de Sainte-Christine-du-Somport, sis en contrebas de la frontière espagnole , entre le col du Somport et la station espagnole de Candanchu, possédait d'immenses  domaines  en Béarn, à l'instar des plus puissants seigneurs. C'était un des trois principaux hôpitaux du monde chrétien . La création de ces "lieux saints" entraîna l'ouverture de brèches , consécutives au percement de voies à travers d'immenses forêts impénétrables auparavant, et par conséquent, des défrichements aux alentours qui permirent la constitution de nouveaux centres d'habitats, ...dans des contrées autrefois réputées sauvages.

               Quelques personnages reviennent souvent dans l'histoire du Béarn: comme Gaston IV dit Le Croisé qui a  participé aux croisades en Palestine, puis guerroyé en Espagne auprès du roi d'Aragon, pour en chasser les maures . En s'y montrant à son avantage, dévoué envers son puissant voisin, le roi d'Aragon, il en gagné l'indépendance (tacite) du Béarn.  Gaston VII de Moncade a mis en place la plupart des  institutions et une forme de gouvernement relativement démocratique qui perdurera longtemps, peu ou prou dans sa forme initiale . Il fonda également les premières bastides. et le Béarn n'en est pas privé. Sa fille Marguerite de Béarn poursuivit son oeuvre, ainsi que Gaston II, comte de Foix.
                Son petit fils Gaston Fébus , fut le vicomte le plus charismatique du Béarn, de par sa culture, son intelligence, ses talents artistiques certains, mais il pensa surtout à exercer le pouvoir tout seul (autocratie) et à agrandir son territoire. Il fut à deux doigts de réaliser son rêve; soit la création d'un royaume pyrénéen , du comté de Foix jusqu'à la Soule, qui eut pu faire front aux royaumes de Navarre, d'Aragon et de France .
Quant à lo noste Henric (Henri IV), il n'a entrepris quasiment aucune action d'importance concernant le Béarn, dans quelque domaine que ce soit, car il avait en tête des desseins plus grandioses que celui de s'occuper de l'amélioration des conditions de vie de ses ouailles. Toutefois durant son règne, il a conservé au Béarn son autonomie, volonté que n'a pas eue son traître de fils:  Louis XIII, venu en 1620 sur les terres de ses ancêtres imposer son diktat.

               Les guerres de religion digérées et oubliées, le Béarn connut une période de développement croissante: L'agriculture s'est développée, modernisée, le commerce s'est établi, l'artisanat puis l'industrie ont fait leur apparition, notamment dans quelques villes au pied des Pyrénées: surtout Arudy (tanneries, marbre...), Nay et Oloron (tissages, bérets, linge béarnais, petite industrie..)
             Le XIX° siècle a été l'apogée de cette période et quantité de communes y ont atteint leur nombre d'habitants maximum: la vallée d'Aspe en est un bon exemple avec notamment Lescun passé de 1500 habitants alors à 200 aujourd'hui

                              


CONCLUSIONS

          D'abord sur le plan démographique, on constate actuellement en Béarn deux tendances opposées, en phase avec le contexte général actuel 
1°) un accroissement concernant les villes et leur périphérie (surtout la banlieue paloise). Il en est de même à un autre niveau pour les chefs-lieux de canton. Les palois n'hésitent pas à aller habiter de plus en plus loin de Pau, de préférence vers le nord , puis vers l'est et l'ouest (question prix des terrains?). 
2°) d'autre part, la campagne béarnaise ne résiste pas à l'érosion démographique, que ne font que ralentir  tourisme vert et or blanc, dans le meilleur des cas. 
         La dépopulation est davantage sensible dans le Vic-Bilh où elle s'accroît en allant vers l'est et la Bigorre. Un secteur particulier concerne le bassin de Lacq où l'on constate l'entame d'une régression, d'ailleurs déjà nette à Mourenx. 
Autre constatation; l'émigration a été spectaculaire dans les vallées , surtout vers la fin du XIX° siècle , la  population étant divisée pratiquement par 2 ou 3, voire plus dans certains cas: certains villages ont même vu leur population divisée par 10 en un siècle. 
Comment cela a-t-il pu être possible ? le droit d'aînesse appliqué dans toute sa rigueur, joint à la diminution de terres disponibles (surtout dans nos vallées) doivent y avoir une part importante, ainsi également que l'industrialisation et les impératifs -corollaires- de rendements de plus en plus élevés, avec de moins en moins de personnel.
Cette situation a entraîné une forte émigration, à destination de l'Amérique principalement , en croissant régulièrement de la fin du XVIII° siècle à la fin du XIX°siècle (après l'avoir été du XV° siècle au XVII° siècle en direction de l'Espagne : Aragon, Navarre, et plus curieusement, vers l'Andalousie et la région de Valence )..Il faut y ajouter la vague migratoire des protestants au XVII° siècle, vers le nord de l'Europe et l'Amérique 
            C'est ainsi qu'un grand nombre de personnes et de personnalités d'outre-atlantique ont des racines béarnaises . Par exemple, le premier président de la première république argentine (Juan Martin Pueyrredon) était originaire d'Issor en Barétous etc...etc...etc....et bien d'autres ! ( Mon livre Lo Noste Béarn recense tous ces émigrants béarnais qui ont acquis la célébrité loin de leur terre d'origine). Voir aussi à ce sujet ma page diaspora

            Somme toute, la population s'accroît dans l'ensemble du Béarn, mais un rééquilibrage est urgent pour redynamiser, revaloriser certains centres "historiques" comme Orthez, Oloron et Nay. Il serait entre autre, important, voire indispensable de ne pas s'oublier tout le Vic-Bilh / Montanérès et de revitaliser aussi ce secteur qui présente bien des attraits avec sa géographie particulière faite d'une succession de longues lignes de crêtes entrecoupées d'importants vallons, que drainent parfois de jolis lacs collinaires.

Quel avenir ? :  La priorité principale est de maintenir autant que faire se peut les béarnais chez eux  ..bibé aü païs  ..(víver au país )  dit-on depuis longtemps (il faut que nos jeunes  puissent rester à casa; vivre au pays et bien y vivre de préférence).  loin de chez lui, le béarnais est perdu s'il n'a plus le repère permanent de ses montagnes. Pour atteindre cet objectif, il est bien entendu nécessaire de conserver les entreprises existantes, mais il faut prendre en compte que le travail en entreprise (en dehors des grosses boîtes) connaît, pour de multiples raisons, une certaine fluctuation ... et en tirer les conséquences... Il peut être bon de rappeler ici que de nombreuses entreprises installées en Béarn sont polluantes, voire très ~ 
Il faut également faire en sorte que nos agriculteurs continuent d'être les jardiniers de nos paysages et  les encourager à conserver les races béarnaises en voie de disparition (vaches, brebis, ânes...) , mais aussi à les encourager autant que faire se peut, à pratiquer l'agriculture biologique (pour X raisons évidentes). Dans ce registre paysager, c'est une des priorités de ne pas défigurer notre Béarn en ouvrant des carrières à gogo, porcheries industrielles, usines polluantes ou autres initiatives malheureuses (pour des bénéfices à très court terme) pouvant entraîner des effets irrévocables. Le gave d'Aspe en est hélas, un exemple frappant. 
                  Enfin, enfin, enfin !!! Il est temps de se pencher vraiment  et de manière méthodique, voire exhaustive, sur notre incomparable patrimoine et l'exploiter (intelligemment) ...car...On ne peut pas et on ne pourra jamais délocaliser le Béarn.
Pour ce faire, il faut évidemment renforcer le tourisme : le tourisme blanc ,  le tourisme vert (forme douce, respectueuse de l'environnement) et l'avenir ....: le tourisme culturel et/ou ludo-culturel (apprendre en se distrayant). Ces trois aspects peuvent d'ailleurs se concevoir réunis à l'occasion.  De plus en plus, les gens ne veulent plus se contenter de se faire cuire la couenne passivement; ils veulent faire aller leur corps, faire fonctionner leurs neurones , découvrir, apprendre, se pénétrer , s'enrichir de l'autre et de leur environnement ...Le tourisme culturel  a un potentiel énorme; on peut déjà commencer par convaincre nos propres concitoyens de l'immense richesse de leur  patrimoine (dans tous les sens du terme) .  On oublie ce qu'on pourrait nommer le tourisme interne. Quel plaisir pour de nombreux habitants de notre département ou d'ailleurs, d'aller chaque dimanche visiter une commune béarnaise, pour la plus grande joie et la plus grande fierté des communes concernées . ... On a là une véritable mine!
On va faire du trekking au Népal avant de faire le tour du pic du midi d'Ossau, par exemple. On a la matière première en quantité: il faut donc à partir de cette manne, innover , proposer , inventer, aller au devant... "la meilleure façon de prédire l'avenir est de l'inventer" ..  
                    On peut s'orienter vers des propositions multiformes, associant culture, pédagogie et distractions ludiques. Il est évident à bon nombre que ce qu'on considérait comme folklorique doit devenir maintenant un atout économique (nos voisins basques l'ont compris depuis longtemps).
                    Il nous faut (entre autre) sortir des oubliettes notre belle langue millénaire: le béarnais,  et en faire un porte drapeau... Pour vous en convaincre, feuilletez les pages d'un dictionnaire béarnais (librairie ou bibliothèque). Nos élus doivent bien se pénétrer de cette richesse qu'on a là en jachère...comme une mine d'or inexploitée. Il faut bien dire que le Béarn semble vivre une sorte de  complexe d'infériorité par rapport à ses voisins basques. Nous aussi nous avons une  langue qui nous est propre, moins ancienne que le basque (encore qu'elle comporte elle aussi, des mots venus de la nuit des temps comme le mot gave par exemple ) mais tout aussi riche et tout aussi belle....Nous aussi nous avons nos couleurs, notre drapeau (de plus, nous pouvons nous identifier à nos baquettes présentes sur notre drapeau car elles sont pétries de vertus: elles sont fières, généreuses, courageuses et ont le sens de l'abnégation .. quoi demander de plus? ) . Nus aussi nous avons nos chants (une anthologie de la chanson béarnaise -non exhaustive de surcroît- recense un millier de chants béarnais) , notre cri de ralliement (anilhet) , nos danses,  notre folklore, nos légendes etc...
       En sus, dans une recherche de cohérence, il faut ramener très vite notre compagnon de toujours, l'ours,  dans nos montagnes; non seulement en raison du côté affectif ou idéaliste, mais aussi , plus matériellement, comme force d'appel extraordinaire. Ne parlons pas non plus de devoir moral, mais en restant sur le seul plan  prosaïque (c'est celui qui semble marcher le mieux..), l'ours est un atout incomparable.  L'image de l'ours est d'une force symbolique colossale...et déteint sur quantité de domaines...(ce que certains ont du mal à assimiler).  Ce n'est peut-être pas pour rien si la station de ski de La Pierre Saint-Martin en a fait son logo, par exemple. 
 Aragon a dit "la femme est l'avenir de l'homme", nous nous disons en le pastichant et en extrapolant : 
                  
           "l'ours est l'avenir du béarnais"   .ainsi que:  "le béarnais est l'avenir du béarnais"                      
          Il faut des sous entend-on....D'une part, il y en a , et beaucoup - .. (mes que n'i a sos, e hèra) !!!  ...
[il suffit de lire quotidiennement les journaux locaux pour se rendre compte de l'incroyable gabegie en ce domaine ... des millions d'euros sont gaspillés...-vrai-  Le seul budget attribué au secteur touristique est plus que confortable ].
>>d'autre part, il s'agit au moins autant d'une question d'attitude, de volonté, amenés par une prise de conscience.. Par exemple, une intervention des plus intelligentes et des moins coûteuses de ces dernières années a été tout simplement d'aménager des chemins de randonnées un peu partout en Béarn.....il faut continuer à en dégager , sans oublier d'en assurer une maintenance régulière (y'a des emplois à la pelle là..) etc...des arboretums...des sentiers d'interprétation etc....  Plus cher, mais très intelligent serait de bien goudronner au mieux toutes nos routes, (ce qui profiterait à tout le monde) car les cyclistes peuvent aussi représenter une manne et le Béarn, peut ainsi étendre la palette de ses propositions en matière de balades. C'est vrai que le relief de notre País se prête admirablement à tout ce qui est promenade. L'altitude du Béarn se distribue entre une vingtaine de mètres au nord-ouest à près de 3000 m au sud-est, ce qui explique la gamme des variétés de relief qu'on peut trouver... et les activités inhérentes qui peuvent s'y inscrire.
C'est notre nature, notre territoire qu'on modèle, qu'on a plaisir à embellir , à présenter..et à partager..
           On peut très bien concevoir de placer au bord de ces chemins des panneaux explicatifs (concernant l'environnement immédiat, plus lointain , l'histoire..etc...tout ça avec une traduction en béarnais..) , à l'image des petites plaquettes éditées par le conseil général . Il y a par exemple à Estialescq près d'Oloron, un chemin des Marlères et d'autres initiatives heureuses de ce genre dans quelques endroits. Chaque commune devrait avoir son parcours initiatique racontant son histoire et expliquant son environnement .. fait tout simplement de panneaux explicatifs balisant un itinéraire, accompagné d'un feuillet détaillé. Après avoir étudié chaque commune, je suis convaincu qu'une telle chose peut se faire partout   - intelligence, innovation, goût, accueil -
          Question innovation; on peut également très bien exposer des oeuvres d'art en pleine nature .......(allez donc voir le lit immense du parc Pommé à Oloron, symbolisant le repos du pèlerin .. et au fond du parc, un cercle de poètes (béarnais) disparus) 
...Cumulons
              NATURE  -  PLAISIR  -  DÉCOUVERTE  -  ART -  PATRIMOINE ...

            Enfin n'oublions -surtout- pas que le côté humain peut être grandement un facteur multiplicateur de tout ce qui peut être proposé:  Pour l'accueil; sourire , gentillesse, générosité , disponibilité, implication, professionnalisme, humour, joie, restent des valeurs sûres. (qui deviennent de plus en plus rares, hélas!)
Et si le Béarn attirait en premier lieu par la chaleur de l' accueil ???  Ce qu'on pourrait appeler (en attendant mieux), la Biarnesa Actitud  --- RÊVONS---R
ÊVONS--- et AGISSONS !
            

 
        RESSOURCES


                         Au niveau des infrastructures d'accueil , qu'il s'agisse d'accueillir touristes, congressistes, pèlerins...., les propositions sont excellentes quantitativement et qualitativement. Le nombre impressionnant de gîtes est à cet égard évocateur, avec toutefois un léger déséquilibre entre secteur montagneux et autres.
                         Dans le domaine des loisirs, de grands progrès ont été réalisés ces toutes dernières années avec de nouveaux musées, de nouvelles attractions-animations ( Parc aquatiques d' Estialescq (vers Oloron) , de Baudreix, (vers Nay),  d'Orthez ; Activités Accrobranches à Aramitz, Bordères, Eaux-Bonnes) .  Tout récemment ont vu le jour le Parc animalier de Borce, la Maison du cheval dans les haras nationaux de Gelos..), et des projets importants sont prêts à sortir des tiroirs: 
                     
Parc nautique gigantesque sur le gave de Pau entre Mazères Gelos  et Pau;  Aménagement du Fort du Portalet en vallée d'Aspe; Musée archéologique du Vic-Bilh à Claracq;  Maison des Pyrénées dans le château Franqueville de Bizanos; Musées  de l'émigration à Oloron et/ou Pau; Musée du saumon; Espace du Souvenir à Gurs; Musée de l'aviation intercommunal sur le plateau du Pont-Long etc.. 

                       Quantité d'associations se sont créées pour exploiter les possibilités sportives découlant des particularités du relief béarnais : escalade, spéléo, canyoning, rafting, kayak, parapente, montgolfière, sports équestres, sports mécaniques etc...Beaucoup de  communes possèdent  plusieurs associations. Il est difficile de faire mieux en terme de propositions de loisirs sportifs. (voir page loisirs).. si ce n'est de rendre les prix plus raisonnables et attractifs.
.
.....ça bouge,  ça bouge !
.. Y'a qu'a se baisser pour se servir, en quelque sorte, mais il est également intéressant d'aller de par soi-même à la découverte de "terrains" inexploités, voire inexplorés.
                 Il manque quand même quelque part un grand musée béarnais, à l'image du musée basque de Bayonne(..la gasconne, soit-dit en passant) . Nos voisins landais ont réussi à recréer à Marquèze , un village landais du XIX° siècle...pourquoi ne ferions nous pas de même quelque part. [Le Vic-Bilh (délaissé) ne serait certainement pas contre]. Il en faudrait aussi un spécifique à la partie montagneuse, puisque architecture et mode d'organisation y sont différents.
On constate aussi que des personnalités historiques disparues sont complètement délaissées ...il y a bien là au bas mot, une bonne quarantaine ou cinquantaine de Maisons du souvenir à réaliser........à commencer par une
grande maison de l'émigration
                 Par exemple: Quand on pense qu'il n'y a rien de fait par rapport à nos mousquetaires (qui étaient bien béarnais)...,
~par rapport au plateau du Pont-Long , berceau de l'aviation française (rien que ça) !!! (depuis que j'ai écrit ces lignes, on a laissé démolir les 2
                   derniers hangars, témoins des débuts du développement de l'aviation en France
)
~par rapport à d'immenses personnalités béarnaises comme Pierre Bourdieu (plus grand sociologue au monde avant sa disparition en 2002, et dernier des grands intellectuels français) ....... aberrant !!.   Rien à Denguin où il est né, rien à Lasseube où il a vécu son adolescence... et rien au lycée Louis-Barthou de Pau où il a passé une partie de sa scolarité .  Rien sur Juan-Miguel Pueyrredon originaire d'Issor; libérateur de l'Argentine et son premier président !!!
Ce ne sont que des exemples: Je pourrais compléter très largement cette liste......Il faudrait tout de même placer au moins des plaques souvenirs détaillées sur les lieux de vie de nos "grands hommes" ; un (ou plusieurs) panneau explicatif ne coûte pas une fortune tout de même....avant de parler de statue ou monument commémoratif..
                        A travers tout ça, il y a assurément un énorme gisement d'emplois en puissance, directs et  induits et le béarnais n'y perdrait  pas son âme, loin de là.....peut-être y gagnerait-il plus d'estime... et puis, n'a-t-on pas quelque part un devoir de mémoire ?????

Pour les béarnais, il s'agit d'ores et déjà de se rendre compte de la richesse de son País;  de prendre conscience de la nécessité de protéger son environnement  et de celle de sauver et faire revivre sa merveilleuse langue

 

    © Hubert Dutech ©

Pour mieux connaître le Béarn
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