,Le mystère d'Arès est l'une des trois nouvelles de Fantasias
se rapportant à la genèse du Béarn, les deux autres étant
Beneharnum   et La mystification de Hugues
..

LE MYSTÈRE D'ARÈS. 

 

                                             Défiant le temps et l'entendement, le pittoresque village béarnais de Contende mérite indiscutablement une place et une page spéciale dans ce livre, de par sa spécificité et du fait de son originalité par rapport à ses consœurs béarnaises, qui n'en sont pas dépourvues pour autant. Ce pittoresque village se situe dans le gros secteur nord du Béarn, confrontant avec les Landes, nommé les Marches du Béarn. Peu nombreux  sont  les Béarnais  qui en connaissent l’existence, car ce village se trouve à l’écart des grands axes routiers, et n'est même pas desservi par une simple route départementale. Il faut donc y aller volontairement…, ou du moins essayer de s'y rendre,  avec -indispensable- une excellente carte, car les panneaux sont fort rares et mal entretenus, ainsi les rares chemins qui susceptibles d'y mener.  J'en profite pour en informer ces messieurs-dames de la Communauté de Communes des Marches du Béarn. Et pas question d'utiliser un GPS, car de manière incompréhensible, la forte perturbation des champs électromagnétiques n'en permettent pas l'utilisation. Allons rendre visite à ce minuscule village de poche qui me fait penser instantanément à ce vers éculé : “Mon village est si petit qu’un rideau de peupliers le cache aux yeux de tous.“  Arrivé sur place, on a les sens désorientés, les repères dilués. On a tout de suite la nette impression de se trouver dans un village de conte ; une impression confuse peut-être due aux formes douces, arrondies, des petites maisons, la couleur pastel de leurs façades, leur taille basse, ramassée. Un calme quasi absolu doublé d'une douceur enveloppante, d'une sérénité anesthésiante, y contribue aussi. Pourquoi ne pas le dire : on est saisi d'un fort sentiment d’intemporalité. La population de Contende demeure étrangement et depuis la nuit des temps, stabilisée autour d’une centaine d’habitants, du moins si l'on fait référence aux divers recensements officiels effectués depuis la période historique, c'est-à-dire depuis les débuts de l'écriture. C'est comme si une sorte d’autorégulation démographique s’y était exercée rigoureusement des siècles durant, comme si ce chiffre était indéfectible, comme s'il représentait une valeur absolue intransgressible. 
           Avec quelques dizaines d’hectares, le village serait en superficie le plus petit village du Béarn, s’il ne possédait une enclave dans les hauteurs de la vallée d’Aspe, précisément sur l'introuvable  plateau d’Arès. A la vérité, les Contendais qui tiennent à ce qu’on les appelle Arésiens d’ailleurs, sont originaires de ce petit plateau perdu, bordé de versants rocheux raides bien peu engageants, voire carrément inquiétants par endroits. La présence des Arésiens à Contende s’explique par leur passé pastoral nomade, car lors de leur transhumance bisannuelle, ils faisaient traditionnellement une halte dans un endroit qui deviendra plus tard Contende, leur lieu d'élection définitif  (contende indique un lieu où l’on compte, un lieu où l’on se repose…tout en comptant... ) Je vais donc vous conter l’histoire de Contende, « Qui vaut d’être contée ». Contrairement à leurs congénères valléens, qu'ils soient Aspois, Barétounais, Ossalois, voire Ouzoumois, qui se déplaçaient avec leurs troupeaux, le long de lignes de crêtes, en évitant de traverser plaines marécageuses, bois, rivières..., etc., et de déranger leur coreligionnaires (ne prisant pas l'expression “marcher sur les plates-bandes”), lesquels auraient pu à l'occasion se montrer menaçants, les Arésiens empruntaient un tracé qui leur était propre, et à vrai dire, peu orthodoxe. En effet, ils suivaient tout simplement une ligne droite, plus court chemin pour aller d'un endroit à un autre…, en principe. Une option qui devait les amener certainement, lors de leurs déplacements, à se perdre dans d’immenses forêts touffues, patauger dans de non moins immenses marécages, prendre le risque d'affrontements avec d'autres tribus et de confrontations avec les carnassiers, surtout les loups fréquents jusqu'au XIX° siècle en Béarn. Contende était en fait sur leur trajet, un des rares lieux dégagés, relativement sains, secs, et relativement plats, ce qui explique leur choix. Ce lieu ne leur servit très longtemps que de halte provisoire, car ils remontaient bien plus haut dans les Landes, jusqu’aux abords de Dax. Le pendule de leur pérégrination oscillant des Landes au plateau d’Arès finit au fil du temps et par la force des choses, par se stabiliser à Contende, peut-être pour y laisser reposer des bêtes ou des personnes faibles ou malades, voire pour y hiberner...  Leur village fut longtemps méconnu car seuls les Arésiens connaissaient les infimes sentes serpentant au milieu des marais, eux seuls connaissaient les quelques trouées dans les bois touffus, permettant de parvenir à ce qu'ils considéraient comme leur oasis, leur refuge, leur quartier général. Par rapport à leur halte landaise nommée Contende-de-Baish (qui deviendra Aqua Tarbellicae sous la domination romaine), leur village prit un temps le nom de Contende-de-Haut (Aqua Sebon) . Mais qu'était donc cette mystérieuse communauté... [La suite sur Fantasias]

- Il existe une version béarno-gasconne de cette nouvelle. -
 

 


 


Plateau d'Arès


compteur de visite