[Présentation du Béarn]

© Le mystère des cagots  ©

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                          es cagots  font partie d'une peuplade pyrénéenne d'origine inconnue, rejetée par la population, à l’instar de la caste des intouchables indiens. On les trouve des deux côtés des Pyrénées et dans le sud de la Gascogne, désignés sous diverses appellations : agots en Espagne, agotaks, kaskarots au Pays basque,  capots, gahets en Gascogne ... etc  (kakou en celte)...Ils étaient particulièrement nombreux en Béarn , répartis un peu partout, mais avec des concentrations plus fortes dans tout le Piémont, en vallée d'Aspe et le long du gave d'Oloron.
                   Leur provenance est mystérieuse, mais dans la plupart des hypothèses, ils correspondraient à une peuplade vaincue, de religion différente , donc hérétiques (barbares venus de l'est, wisigoths, arabes, ariens, cathares...). Ils apparaissent au X°s sous l’appellation de chrestiaas, ce qui laisse supposer qu’ils s’étaient convertis au catholicisme et faisaient même preuve de zèle dans le domaine de la pratique religieuse, d’où leurs surnoms qui laissaient entendre qu’ils étaient hypocrites. C'est sous cette dénomination qu'ils sont enregistrés dans le recensement de 1385 initié par Gaston Fébus
                  Repoussés à l’extérieur des villages, en lisière de forêts, ils furent assimilés à des lépreux qui devaient les côtoyer, ainsi que tous les parias successifs . Selon une croyance tenace , on pouvait les reconnaître à certains traits physiques, comme leurs pieds palmés ou l’absence de lobes à leurs oreilles. Ils ne devaient pas se déplacer les pieds nus de peur qu'ils ne transmettent de maladie, ni laisser pousser de trop leurs cheveux.
                On leur prêtait des pouvoirs paranormaux, contradictoirement, aussi bien négatifs que positifs (guérisseurs)...C'est ainsi qu'on disait que parfois, les fruits pouvaient se dessécher en un instant à leur seul contact.  L’irrationnel ayant ses raisons que la raison ignore, ils faisaient parfois office de médecin et de sage-femme (sic!). Toute fonction publique leur était par contre interdite, ainsi que toute possession foncière. 
                Ils avaient bien entendu leur propre fontaine dont le nom s'est perpétué dans quantité d'endroits en Béarn. (la houn dous cagots.., la hounda de la cagote...) Ils se spécialisèrent dans le domaine du bois, du fait de leurs hébergements situés en bordures de forêts et surtout du fait que le bois était censé ne pas communiquer de maladie (peste, lèpre..). Ainsi leur tendait-on  les marchandises, ainsi que les osties à l’église, au bout d’une longue palette de bois. Ils acquirent d’ailleurs une telle  maîtrise en ébénisterie, confection de tonneaux et charpente, qu'ils finirent par devenir incontournables en Béarn, pour tout ce qui concernait les ouvrages en bois.  
              Autre signe d'ostracisme, ils avaient leur petite entrée latérale particulière dans les églises, leurs places dans un renfoncement obscur , leur propre bénitier...et leur cimetière particulier (qu'ils partageront plus tard avec les huguenots) . On les obligeait à se signaler quand ils arrivaient dans le village,  par des bruits de crécelles, et à porter un signe dénonçant leur état: une patte d’oie rouge. Leur rejet dura plusieurs siècles et malgré la publication d'édits en leur faveur, il fallut attendre la Révolution pour enregistrer une rupture définitive avec cet honteux  passé. Pourtant, au début du siècle dernier , les gens savaient encore qui en était...

(extrait de Lo Noste Béarn  d' Hubert Dutech)

 

 

AGOTS Y  CAGOTS 

                 os cagots forman parte de una tribu pirenaica de origen desconocido, rechazada por la población, tal como ocurre con la casta de los intocables indios. Se los encuentra de los dos lados de los Pirineos y en el sur de la Gascoña, nombrados de distintas maneras: agots, agotaks, kaskarots, casquillos, gahets etc  (kakou en celta)... eran especialmente numerosos en Béarn, distribuidos un poco por todas partes, pero con más fuertes concentraciones en todo el Piamonte, en el valle de Aspe y a lo largo del río (gave) de Oloron.

                     Su procedencia es misteriosa, pero en la mayoría de las hipótesis, correspondería a una tribu vencida, de diferente religión , por lo tanto heréticos (bárbaros venidos del este, visigodos, árabes, arianos, cátaros...). Aparecen en el siglo X bajo el nombre de chrestiaas, lo que deja suponer que se habían convertido al catolicismo y demostraban incluso celo en el ámbito de la práctica religiosa, de ahí sus apodos que dejaban entender que eran hipócritas. Es bajo esta denominación que se registran en el censo de 1385 iniciado por Gaston Fébus. Rechazados fuera de los pueblos, lindando con los bosques, se consideraron leprosos que se debían evitar, como a todos los parias que siguieron. Según una  tenaz creencia, se los podía reconocer por algunas características físicas, como sus pies de palma o la ausencia de lóbulos en sus orejas. No debían desplazarse descalzos ni dejar crecer sus cabellos por temor a que transmitieran alguna enfermedad,.
                   Se les creía con poderes paranormales, contradictoriamente, tanto negativos como positivos (sanadores)... por eso  se decía a veces, que los frutos podían secarse en un momento si ellos sólo los tocaran.  Lo irracional tiene sus razones que la razón ignora, a veces actuaban como médicos o parteras (sic!). Por el contrario, se les prohibía cualquier función pública, así como la de poseer tierras. 

                  Tenían por supuesto su propia fuente cuyo nombre se perpetuó en cantidad de lugares en Béarn. (el houn dous cagots..). Se especializaron en el ámbito de la madera, ya que sus casas se situaban en el borde de los bosques y sobre todo debido a que se suponía que la madera no transmitía enfermedades  (peste, lepra..) Así se les tendían  las mercaderías o las hostias en la iglesia en la punta de una larga paleta de madera. Adquirieron por otra parte tal habilidad en la ebanistería, la elaboración de barriles y la carpintería, que llegaron a ser imprescindibles, en el Bearn,  en todo lo que se refería a las obras en madera.  
                  Otra señal de ostracismo: tenían su pequeña entrada lateral especial en las iglesias, sus lugares en una lugar oscuro, su propia pila bautismal... y su cementerio particular (que compartirán más tarde con los hugonotes). Se los obligaba a señalarse cuando llegaban a un pueblo,  con ruidos de matracas y a llevar una señal que denunciara su origen: una pierna de ganso roja. Su rechazo duró varios siglos y a pesar de la publicación de edictos en su favor, fue necesario esperar a la Revolución para registrar una ruptura definitiva con este vergonzoso  pasado. Con todo, a principios del siglo pasado, la gente sabía aún quién era cagot.

(extracto de Lo Noste Béarn  de Hubert Dutech)