[Présentation du Béarn]

© Le berger béarnais  ©

Accueil

                                    
ès les premiers jours de juin, dans les fermes du Piémont béarnais, un grand mouvement vers les estives s’opère. Pâtre et troupeaux marchant de concert s’apprêtent à s’installer dans leurs quartiers d’été, où les attend une herbe fraîche et grasse. Ils y demeureront au maximum jusqu’aux derniers jours de septembre, si la neige ne les en a pas délogés auparavant. Le départ est une vraie fête et chacun y participe à sa façon, de manière à la rendre plus belle. Le berger et sa facette cachée de mélomane, met un point d’honneur à ce que son troupeau dégage une musique harmonieuse, en sélectionnant et en plaçant judicieusement toutes les sortes de sonnailles :  Aü moutou l’esquirou , A l’aülhéto l’esquiréto  (au mouton la cloche, à l’agnèle la clochette )...... 
                De son cujala (cabane) , chaque son éveille chez l’aulhè (le berger) une correspondance ; il sent ses bêtes nerveuses, il sent la présence d’une bête étrangère, il sent une dispersion inhabituelle du troupeau. Tout l’été les bêtes paissent à loisir quelle que soit l’inclinaison du terrain, tandis que l’aulhè s’applique après de longues et fastidieuses heures de traite, à la fabrication de succulents fromages, tout en gardant un œil et une oreille attentive sur son troupeau. La surveillance était jadis plus intense du fait de l’omniprésence  de l’ours brun (hélas en voie de disparition).... Le berger suit d’ailleurs  de près cette lente extinction, comme pour ajouter à l’étroitesse des liens ancestraux qui unit les 2 prédateurs. Nombreuses sont les cabanes abandonnées, les fontaines taries, les enclos désertés, dont seules des touffes d’orties clairsemées portent témoignage  d’une occupation passée.
                 L’on pourrait gratifier assurément du qualificatif de plus beau métier du monde, ce métier de berger qui tient aujourd’hui du sacerdoce...En vrai professionnel, le berger connaît exactement l’humeur de ses bêtes, sait exactement pourquoi elles suivent certaines sentes, s’arrêtent exactement à certains endroits. Il connaît leurs préférences en matière d’herbes et celles qu’ils évitent. Il anticipe sur le  déroulement de leur pérégrination et connaît d’avance leur itinéraire, leurs intentions....Bien qu’associé à de nombreux adjectifs comme champêtre, bucolique, mélancolique, idyllique, la fonction de berger n’est pas de tout repos : Hormis une surveillance continue de ses bêtes, il doit traire son cheptel des heures durant. Deux fois par jour, il renouvelle ce dur labeur, terminant bien souvent à la nuit tombée.

( Extraits de Terre d'Aspe d' Hubert Dutech )

    

EL PASTOR  BEARNÉS   

                                    
                En los primeros días de junio en las granjas del Piamonte bearnés se opera un gran movimiento hacia las estibas. Pastor y manadas caminanado en concierto se preparan a instalarse en sus cuarteles de verano, donde los espera una hierba fresca y grasa. Allí se quedarán como máximo hasta los últimos días de septiembre, si la nieve no los expulsa antes. La salida es una verdadera fiesta y cada uno participa a su manera, para hacerlo más bonito. El pastor y su faceta ocultada de melómano, hace una cuestión de honor para que su manada logre una música armoniosa, seleccionando y colocando juiciosamente todas clase de cencerros:  Aü moutou l' esquirou , A l' aülhéto l' esquiréto  (a la oveja la campana,  a la campanilla)...... 
                Desde su cujala (cabaña), cada sonido despierta en la au (el pastor) correspondencia ; siente a sus animales nerviosos, siente la presencia de un animal extraño, siente una dispersión inusual de la manada. Todo el verano los animales se alimentan de ocio cualquiera sea la inclinación del terreno, mientras que el aulhè se aplica después de largas y aburridas horas de ordeño, a la fabricación de suculentos quesos, siempre poniendo un ojo y un oído atentos sobre su manada. La vigilancia era antes más intensa a causa de la omnipresencia 
del oso marrón (desgraciadamente en vías de desaparición).... El pastor sigue, de cerca,  por otra parte, esta lenta extinción, como para añadir estrechos vínculos ancestrales que une a los 2 depredadores. Numerosos son las cabañas abandonadas, las fuentes agotadas, los cercados abandonados, en lo que sólo las matas de ortigas desparramadas dan testimonio de un  traqbajo pasado.
                 Seguramente se podría gratificar con el calificativo de “el  más bonito oficio del mundo”, este oficio de pastor que hoy se considera un sacerdocio... Como verdadero profesional, el pastor conoce exactamente el humor de sus animales, sabe exactamente porqué siguen algunas ciertas sendas, se detienen exactamente en ciertos lugares. Conoce sus preferencias en cuanto a hierbas y aquéllas que evitan. Anticipa sobre  el desarrollo de su peregrinación y conoce por adelantado su itinerario, sus intenciones... Aunque asociado a numerosos adjetivos como campestre, bucólico, melancólico, idílico, la función de pastor no es de ninguna manera el descanso : salvo una vigilancia continua de sus animales, debe ordeñar a su ganado durante horas. Dos veces al día renueva este duro trabajo, terminando a menudo caída la noche.

( Extractos
de Tierra de Aspe de Hubert Dutech )