Présentation du Béarn

 © Les  abbayes laïques  ©


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u'éy aquò ?
 
Curieux de voir 2 mots aussi antinomiques ainsi réunis. L'abbaye laïque n'est pas une  exclusivité béarnaise , mais en Béarn , le phénomène a pris un caractère systématique; en débordant sur la Bigorre et la Soule. C'est ainsi qu'il  y eut autour de 300 abbayes laïques en Béarn (on a même noté l'existence de 3 abbayes dans le même petit village) .
         C'était la demeure de l'abbé laïque toujours proche , souvent accolée à l'église; elle formait un tout avec le château et en fait, l'église avait le double rôle de chapelle du château et d'église communale; une sorte d'interface entre public et privé,  noblesse et peuple.  C'est ainsi que nombre d'églises et de châteaux en Béarn sont issus de ces fameuses abbayes laïques. L'abbé-seigneur pouvait assister aux offices sans se déplacer et bien au chaud, car bien souvent un finestrou (donnant dans l'église) était aménagé dans ses appartements (Béost...) et à tout le moins, il avait une petite entrée particulière et privée.  
      
         L'abbé laïque était donc considéré comme le patron et le protecteur de l'église (à vrai dire, elle lui appartenait) : il collectait les dîmes (on appelait le collecteur,  le décimateur -sic- ) et divers impôts de l'église, à charge pour lui d'assurer entretien, rétribution et nominations. En outre, il était exempté de la taille.  Il bénéficiait du droit de patronage concernant à nommer le curé (Il avait le droit de présenter à la cure vacante, mais c'est l'évêque en dernier ressort qui décidait), il recevait le tiers des offrandes qui se faisaient lors des fêtes et en fin d'année .En outre,  il occupait une place privilégiée lors des offices (s'il lui prenait l' envie de se déplacer) , il percevait le premier le pain bénit . Il pouvait être enterré dans l'église (Estos...) et bénéficier (quel pied !) de la sonnerie à la volée lors de ses obsèques.

          Étant considérés comme nobles, ils rendaient au vicomte les devoirs ordinaires de la vassalité . Pour avoir accès à ces privilèges, l'abbé devait donc foi et hommage au vicomte et (moins réjouissant) le service militaire en temps de guerre. En outre, ces abbés occupaient des fonctions plus ou moins lucratives, mais toujours honorifiques auprès du vicomte et au Parlement de Navarre. La fonction fut vite pervertie et considérée comme un bon investissement financier, une monnaie d'échange. L'abbé laïque devint ni plus ni moins qu'une sorte de franchisé (comme Mac'Do ou Leclerc..) avec les avantages et les obligations  se rapportant au droit de porter le label.

         Malgré son orientation protestante, Jeanne d'Albret (la mère d'Henri IV) fera rentrer massivement ces abbés dans les États du Béarn, pour s'assurer de la majorité. (ce sont-ils parjurés?).   La possession d'une abbaye était un tremplin pour accéder à la noblesse, et la nomination dans les États de Béarn était en fait une reconnaissance tacite de leurs statuts de nobles...ce qui sera le fait pour environ les 2/3 d'entre eux. De nombreux noms de famille béarnais sont issus de cette "caste" : Abadie, Dabadie, Labadie, Labat, Apatie, Badie...etc...

(extrait de Lo Noste Béarn d' Hubert Dutech)

 

 

 LAS ABADIAS LAICAS  

                   

   Qu'éy aquò ?  

                        Es curioso ver 2 palabras contradictorias unidas. La abadía laica no es una exclusividad bearnesa, pero en el Bearn el fenómeno tomó un carácter sistemáticao; extendiéndose a la Bigorre y la Soule. Es así como hubo alrededor de 300 abadías laicas en el Bearn (se ha visto aún la existencia de 3 en el mismo pueblito) .
                         La residencia del abad laico estaba muy cerca, a menudo pegada a la iglesia ; formaba un todo con el castillo y en efecto, la iglesia jugaba el doble papel de capilla del castillo y de iglesia comunal; una especie de intercomunicación entre lo público y lo privado,  nobleza y pueblo. Es así como numerosas iglesias y castillos en el Bearn salieron de estas famosas abadías laicas. El abad-señor podía asistir a las ofrendas sin desplazarse y bien calentito, pues normalmente tenía un finestrou (que daba a la iglesia) en sus dependencias (Béost...) y había, por lo menos, una pequeña entrada particular y privada.        
                     El abad laico  era considerado pues como el patrón y el protector de la iglesia (en verdad ella le pertenecía) : recolectaba los diezmos (se lo llamaba el colector, el diezmador, -sic- ) y varios impuestos de la iglesia, para que se ocupara del mantenimiento, la retribución y las nominaciones. Además, estaba exento de la talla. Gozaba del derecho de patrocinio relativo a nombrar el cura (tenía el derecho de presentar el curato vacante, pero es el obispo en última instancia el que decidía), recibía el tercio de las ofrendas que se hacían durante las viestas y a fin de año. Además, ocupaba un lugar privilegiado durante los oficios (si tenía ganas de trasladarse), se le daba el primer pan bendito, podía ser enterrado en la iglesia (Estos...) y gozar (¡qué placer!) del repique de las campanas a toda fuerza el día de su funeral.

                     Eran considerados como nobles, tributaban al vizconde los deberes comunes del vasallaje. Para tener acceso a estos privilegios, el abad le debía pues fe y respetos al vizconde y (menos divertido) el servicio militar en tiempos de guerra. Además, estos abades ocupaban funciones más o menos lucrativas, pero siempre honoríficas ante el vizconde y ante el Parlamento de Navarra. La función fue pronto alterada y considerada como una buena inversión financiera, una moneda de cambio. El abad laico se transformó ni más ni menos que en una suerte de franquicia (como Mac'Donald o Leclerc..) con las ventajas y las obligaciones correspondientes al derecho de llevar la marca.

                  A pesar de su orientación protestante, Jeanne d’Albret (la madre de Henri IV) hará entrar masivamente a estos abades en los Estados del Bearn, para asegurarse la mayoría (¿fueron perjuros?).  La posesión de una abadía era un trampolín para acceder a la nobleza y el nombramiento en los Estados del Bearn era de hecho un reconocimiento tácito de su status de nobles…lo que será un hecho para alrededor de los 2/3 de ellos. Muchos apellidos bearneses salen de esta « casta »: Abadie, Dabadie, Labadie, Labat, Apatie, Badie...etc...

(extracto de Lo Noste Béarn d' Hubert Dutech


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